exposing the dark side of adoption
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Les jumelles Cissé adoptées en France : nous avons approché les dossiers

public
En nous rendant cet après midi du mois de juin dans les locaux de l’ONG française « Rayon de Soleil pour l’Enfant Etranger » nous sommes partagé entre une double appréhension. Celle de pousser une enquête journalistique qui sent vraiment une odeur de trafic d’enfants mais dont le succès peut constituer un choc immesurable pour les enfants dont il est question (ces jumelles qui avaient quitté Ségou à l’âge de 2 mois ont aujourd’hui 19 ans) et celle d’aider un compatriote, au bord des larmes, à retrouver ses enfants alors que tout paraissait clair qu’il a été victime de sa bonne foi et de sa naïveté pour se voir retirer ses rejetons.

Néanmoins, notre mission d’aller à l’information va primer. Au 10eme Arrondissement à Paris où se trouve le siège de l’ONG française, la Rue Martel est déserte. Juste au bout un café d’où on peut en humer quelques saveurs. Un peu avant, la porte 8 bis. Rayon de Soleil pour l’Enfant Etranger se trouve là. Il faut monter à l’étage et se faire guider par une petite enseigne sur la porte afin de retrouver une ONG qui loin d’atteindre ces vrais objectifs a brisé plusieurs familles maliennes. Un coup à la porte et nous sommes en présence de la Responsable du Parrainage Mali. Elle s’appelle Josette Villard. Apres avoir loué notre témérité à travers coups de fil, emails et surtout déplacement dans leurs locaux, elle nous conduit chez Floriane Roulet, une psychologue, responsable de la recherche des origines.

La discussion à trois est laborieuse. Les jumelles Cissé vivent-elles de nos jours, semble bien être notre première préoccupation ? Oui, répondent ensemble nos deux interlocutrices. Où précisément en France, rétorquerons-nous ? Cette question ne sera jamais répondue positivement malgré diverses relances. « Nous sommes tenus par un droit de réserve avec le parrain aussi bien vis-à-vis de la loi française. Ce qu’on peut ajouter, c’est que les jumelles résident dans une famille qui gagne correctement sa vie, avec un bon revenu… » explique Josette Villard, malheureusement chaque fois interrompue par la psychologue quand elle veut aller loin dans ses propos et qui donnerait toute l’impression que ces jumelles ne seraient ni à Paris, ni dans une de ses banlieues.

La discussion s’achoppe ensuite sur les conditions d’adoption. Rayon de Soleil, à travers Josette, explique que le père a abandonné ses enfants à travers une adoption plénière où il se refuse à réclamer tout droit sur eux avant que les jumelles n’aient été recueillies par leur service grâce à une grosse de jugement rendue par la justice française. Nous brandissons les explications et une lettre du père des jumelles où il atteste n’avoir signé quoi que ce soit. Ces explications sont celle déjà relatées dans notre précédent numéro où Alassane Cissé, sur proposition du service social du Centre Famory Doumbia a laissé les jumelles au soin de la Correspondante de l’ONG française au Mali, Danielle Boudault, pour s’occuper des funérailles de sa femme décédée après l’accouchement.

Cela va d’ailleurs être corroboré par Floriane Roulet, la psychologue qui nous montre une pile de dossiers parmi lesquels ceux des jumelles qu’elle venait de lire et relire pour comprendre ce qui s’est réellement passé. « Si réellement le père pense qu’il ne se reconnaît pas dans les termes de cette adoption, il peut la dénoncer au niveau de la justice française. Nous respecterons le verdict qui y sera issu… » avisent nos interlocutrices, qui sont conscientes que le cas Cissé est un parmi tant d’autres, où l’adoption s’était passée nébuleusement et où les parents ont gagné les procès et récupéré leurs enfants.

Moutta

2007 Jul 27