exposing the dark side of adoption
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Les parents accusés de tortures sont mis en examen

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  • Dents arrachées, fractures, morsures : selon les médecins de l'hôpital Necker, "jamais une enfant aussi jeune n'a présenté" de telles marques de sévices.

  • Les parents "nient tout, excluant tout acte de violence", selon le le vice-procureur de Versailles.

Un couple résidant à Sartrouville, dans les Yvelines, et soupçonné d'avoir commis des actes répétés de torture et de barbarie sur leur fille adoptive de 4 ans, a été mis en examen pour actes de tortures et de barbarie et écroué jeudi soir. La fillette est actuellement hospitalisée à l'hôpital Necker à Paris, et d'après Luc-André Lenormand, vice-procureur à Versailles, "jamais une enfant aussi jeune n'a présenté un tel tableau clinique de sévices selon les médecins de Necker, à l'origine du signalement au parquet".

Dents et cheveux arrachés, os fracturés, dépigmentations multiples dues à l'ingestion de produits corrosifs, ulcération de la langue et de l'oesophage, traces de morsures humaines sur les bras et de coups sur tout le corps : l'enfant, aujourd'hui hors de danger, aurait été martyrisée dès l'âge de 6 mois, a précisé André Lenormand. "Les médecins pensent qu'elle a été secouée dès 6 mois, âge où elle a perdu  l'usage d'un oeil", a-t-il rapporté. Contactée par LCI.fr, le cabinet du maire de Sartrouville affirme que ses services n'ont "jamais eu aucun signalement" concernant cet enfant, "ni le commissariat".

Syndrôme de Münchausen

D'origine marocaine, la fillette, née à Meulan (Yvelines) a été adoptée à 3 mois par ce couple qui avait déjà un enfant biologique de deux ans son aîné. Les parents, lui ingénieur agronome Rmiste âgé de 46 ans, elle, 40 ans, sans emploi et d'origine algérienne, ont été mis en examen pour "actes de torture et de barbarie sur mineur de 15 ans ayant entraîné l'infirmité permanente par un ascendant adoptif", un crime puni de 30 ans de réclusion. Les parents "nient tout, excluant tout acte de violence, expliquant que leur fille est une enfant fragile et malade", a expliqué M. Lenormand.

"Ce sont des parents à l'excellente réputation qui racontaient à leur entourage que leur fille allait mourir", a-t-il précisé : "Ils consultaient  constamment des médecins pour obtenir des examens complémentaires répétés,  prétendant ignorer la cause des symptômes : c'est ce qu'on appelle le syndrome  de Münchausen", a dit le vice-procureur évoquant le nom médical donné à une  pathologie rare d'affabulation de l'adulte qui inflige des sévices à un enfant  pour attirer l'attention. Trompés par ce zèle, les praticiens n'ont rien décelé, si ce n'est un pédiatre de Sartrouville, qui, en 2004, fait une "demie ligne de signalement de maltraitance", rapidement classé.
  
A Necker où l'enfant a été hospitalisée quatre fois depuis août, une quinzaine de spécialistes se sont penchés sur son cas, recherchant notamment des maladies orphelines. "Remarquant la régression rapide des symptômes avec uniquement des antibiotiques et la séparation d'avec sa famille, les médecins ont conclu unanimement à des sévices", a précisé le vice-procureur. La fillette, décrite comme une enfant "bien charpentée" mais souffrant de  malnutrition (elle était nourrie de bonbons et de gâteaux apéritif), reste muette quand on l'interroge sur sa famille. Vive et intelligente selon les médecins, elle est aussi présentée comme un  "petit animal soumis" qui ne réclame pas ses parents.

tf1.lci.fr
2007 Nov 16